Etienne Sicard's CV

Etienne SICARD est né à PARIS en Juin 1961. Il obtient une maîtrise EEA à l'Université Paul Sabatier de Toulouse en 1983, un DEA à l'Université de Bordeaux en 1984, et une thèse de doctorat de l'Université Paul Sabatier en 1987, au LAAS à Toulouse. Il étudie aussi le violon au conservatoire de Toulouse puis à l'Ecole Normale de Musique de Paris. Il obtient une bourse du Monbusho pour 18 mois à l'Université d'Osaka, Japon (1989-1989). Après 1 an comme professeur à l'Université des Iles Baléares, Espagne (1990), il est nommé Maître de Conférences à l'Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse, en 1991, puis professeur en 2002, département de Génie Electrique et Informatique. Il participe à la création de la section musique de l'INSA de Toulouse. Il effectue en 2004 un séjour de recherches à l’université Carleton, Ottawa en 2004.

En collaboration avec l'industrie et dans le cadre de différents projets nationaux et Européens, il conduit des recherches en modélisation de la compatibilité électromagnétique des composants et organise une série de workshops. Il effectue en parallèle des recherches en traitement de la voix et de la parole pour applications orthophoniques dans le cadre du laboratoire Lurco. Il devient chercheur associé à l'IRIT en 2016 dans l'équipe Samova.

En 2007 il est nommé pour 6 ans directeur adjoint des relations internationales de l'INSA. En 2009, il organise le workshop EMC Compo 2009. Il préside la commission des thèses de l'école doctorale GEET de 2004 à 2010. Il coordonne le Master International ESECA et est chargé de communication au GEI.

Etienne SICARD est l'auteur d’ouvrages et de plusieurs logiciels dans le domaine microélectronique (Microwind, IC-EMC), de l’orthophonie (Vocalab, Diadolab), du traitement du signal (MentorDSP) et de publications dans le domaine de l'intégrité du signal et la CEM des composants. Il est membre de la SEE et membre senior de la société IEEE EMC. Il a été élu orateur distingué de la société IEEE EMC pour 2006-2007.

 

Etienne SICARD was born in Paris, June 1961. He received the B.S degree in 1984 and the PhD in Electrical Engineering from the University Paul Sabatier of Toulouse, in 1987, in the laboratory LAAS of Toulouse. He also studied violin at Toulouse conservatoire and a the "Ecole Normale" of Music, Paris. He was granted a Monbusho scholarship and stayed 18 months at Osaka University, Japan (1988-1989). Previously a professor of electronics in the Department of Physics, University of Balearic Islands, SPAIN (1990), Etienne SICARD is currently a professor at INSA of Toulouse, Department of Electrical and Computer Engineering. He initiated the music section of INSA Toulouse. He was a visiting professor at the electronic department of Carleton University, Ottawa, in 2004.

His research interest concern modelling of electromagnetic compatibility (EMC) of integrated circuits (IC), in partnership with industries, withing the frame of National and European projects. He has organized a series of workshops in EMC of ICs. He also conducts research in signal processing applied to speech therapy at Lurco laboratory. He becomes associated researcher at IRIT, Samova team.

In 2007, Etienne was nominated for 6 years deputy-director of international relations INSA. In 2009, he organized the workshop EMC Compo 2009. He coordinated the PhD commission at GEET doctoral college from 2004 to 2010. He is coordinating the International Master ESECA and is in charge of communication at GEI department.

Etienne SICARD is the author of books and several software in the field of microelectronics (Microwind, IC-EMC), signal processing (MentorDSP), speech therapy (Vocalab, Diadolab) as well as technical papers concerning electromagnetic compatibility & design of CMOS integrated circuits. He is a member of French SEE and senior member of the IEEE EMC society. He was elected for 2006-2007 distinguished IEEE lecturer for EMC of ICs.



Etienne est marié avec Anne, orthophoniste, et père de deux enfants, Camille et Daniel. Son passe temps préféré est de jouer de la musique, tel que le violon classique avec Laure Menin, et le violon tango.

Etienne is married with Anne, speech therapist, and has one daughter Camille, and one son Daniel. His favorite hobby is to play music, such as classic violin with Laure Menin and tango.


Quelques histoires


Le jour où j'ai rencontré le président de la république...

Jeune chercheur au LAAS/CNRS, je développais un outil, ancêtre de Microwind, pour le dessin des circuits intégrés de manière semi-automatisé, ce qui donnait naissance à de beaux écrans pleins de couleurs. J'ai été invité à présenter mon outil au stand LAAS du SITEF, un forum de l'innovation de l'époque. Le président de la république, François Mittérand, a visité le stand du LAAS à l'occasion des 25 ans de la création du laboratoire. Le service d'ordre m'a expulsé à l'approche du président, croyant à un intrus, puis m'a ré-impulsé par la voie des airs devant la délégation, après un fameux "mais il est où Sicard?" du directeur de l'époque. J'ai eu 30 secondes pour présenter mon logiciel, face aux yeux d'aigle de Mr Mitterand. Pas un mot, mais bon...

Le jour où j'ai reçu une lettre de l'Université de Berkeley ...

Jeune chercheur au LESIA, hébergé au GEI, en début de carrière de Maître de Conférences, je développais l'outil Microwind, pour l'éducation en conception de circuits intégrés, avec de grandes difficultés vis-à-vis des enseignants du domaine, considérant que je n'avais aucune chance face aux sociétés spécialisées du domaine. Le LESIA avait dans son comité scientifique Léon Chua, professeur à l'Universté de Berkeley, à qui on avait demandé une évaluation de nos activités. Sa lettre contenait une phrase à mon intention du genre "Je trouve l'idée de E. Sicard remarquable, je l'encourage à développer son approche, en creusant plusieurs aspects: les vues en 3D, les modèles de transistors, et l'éducation". Ne jamais mépriser les faibles, être optimiste...

Le jour où j'ai arrêté mes recherches sur les implants ...

Les débuts du logiciel VOCALAB sont assez mouvementés: j'ai démarré dans les années 90 des recherches en coopération avec ma femme Anne, à cette époque étudiante en orthophonie sur les implants cochléaires, en lien avec le CHU de Purpan. Je m'étais donné comme objectif de tenter de reproduire par simulation ce que les sourds implantés entendent, grâce à différentes techniques empruntées au traitement du signal et à l'électronique. Mon but était de modéliser toute la chaine de traitement du son, l'envoi des impulsions dans la cochlée et la réponse du nerf auditif. Anne et moi avons mené des campagnes de tests avec des patients implantés, dont un devait plus tard devenir mon collègue à l'INSA. Nous avons pu reproduire différents effets secondaires gênants des implants, notamment une qualité très moyenne de la sensation sonore pour la musique.

Nous avons franchi différentes étapes, avec un avis très positif de l'équipe médicale. Un jour, un nouvel implant est apparu, avec des algorithmes sophistiqués corrigeant les faiblesses des générations précédentes. Mes essais de simulation ont été si concluants que la société, basée en Suisse, est venue jusqu'à l'INSA analyser mes travaux. J'ai pu obtenir de "vrais" stimulations de l'implant prototype à des fins de validation. Malheureusement, et de manière surprenante, ces stimulis ne collaient pas avec mes propres stimulations, même pas du tout. Impossible de comprendre pourquoi. J'ai retravaillé dur sur mes simulateurs, sans comprendre. J'ai contacté les équipes médicales et la société. Peu de temps après, un motard s'est arrêté en bas du département, a voulu me parler, m'a cité le nom de mes enfants, de ma femme, me faisant comprendre que pour leur bien, je devais arrêter de travailler sur ce sujet.

Pris de peur, j'ai effectivement arrêté. Je n'ai plus jamais eu de lien avec le monde des implants cochléaires. J'ai appris par la suite que ce n'était pas mon logiciel mais l'implant qui était buggé. J'avais en quelque sorte la preuve du défaut de conception, et on m'a fait taire. L'implant a sans doute été corrigé par la suite. Avec Anne, nous nous sommes demandés que faire de tout cet investissement logiciel. Nous avons contacté la société GERIP, qui a vu notre "prototype", l'a trouvé bien trop compliqué, et a proposé des menus ahurissants de simplicité, dont le fameux écran d'accueil avec 3 gros boutons "Evaluation, Rééducation, Médiathèque". 20 ans après, cet écran existe toujours dans VOCALAB, irremplaçable...

Mon voyage aux USA le 10 Septembre 2001 et mon retour le 21 ...

Je suis parti en mission le 10 Septembre 2001. Le 11 au matin, j'étais dans l'Orégon, médusé devant mon écran en voyant les 3 tours s'effondrer: les 2 tours du WTC, ainsi que la tour WT7, avec juste le malaise de n'avoir vu aucun avion se planter dans cette dernière. Je devais présenter mes travaux de recherche en compatibilité électromagnétique des composants à Mentor Graphics et la "communauté IBIS" le matin du drame. Je leur dis que vu les circonstances, je ne ferai pas de présentation. Ils me disent que bien sur que si. En plein milieu de ma présentation, un téléphone sonne, une des personnes présente écoute puis nous dit "We shall invade Afghanistan". On se lève, plein d'émotion, et on chante l'hymne américain. Attaque à 11h, contre-attaque à 15h, quelle réactivité. Je reste cloitré dans mon hôtel le temps que les avions soient autorisés à redécoller. J'arrive le 21 au matin au dessus de Toulouse, je regarde AZF et me dis "qu'est-ce que c'est moche ce truc...". Quelques heures après, boom, AZF explose, 30 morts. Depuis ce jour, quand je croise quelque chose de moche, je ne pense à rien.

La polémique sur le 11 Septembre m'a heurté de plein fouet quelques années après, en réveillant mon malaise du WT7, la tour effondrée sans avion. Je me suis posé la question de la capacité à tuer ses propres compatriotes pour la raison d'état. J'ai repensé à cette histoire d'implant. J'ai été menacé pour un business qui représentait peut-être un préjudice d'un million d'euro maximum. Mon grand-père a été dans les tranchées en 1914, proche du drame des fusillés pour l'exemple, des jeunes choisis au hasard, assassinés le lendemain, dont les lettres à leur mère, éditées des dizaines d'années après, sont invraissemblables. La décision de J. Chirac de s'opposer à G.Bush vis à vis de l'Irak faute de preuves d'armes de destructions massives a généré un mouvement anti français, qui m'a conduit à séjourner au Canada plutôt qu'aux USA, par crainte de représailles pour mes enfants et ma femme que j'embarquais avec moi. Bien plus tard, il a été admis que les "preuves" présentées au monde entier vis à vis de l'Irak étaient imaginaires; mais que dire des 500,000 morts de cette guerre ?

Le jour où John Uyemura a décidé d'écrire un livre en lien avec mon logiciel...

Avec ma collègue Sonia Delmas Ben Dhia, nous commencions la rédaction d'un ouvrage autour de Microwind. J'ai pris l'initiative d'envoyer le logiciel à différents grands noms de la conception de circuits aux USA et en Australie. John Uyemura de Georgia Tech m'a rapidement répondu, en terminant son message par "I have been learning the Microwind program, and are having a fun time-it is an excellent piece of work!  I have decided that I would like to also write a book using the program". Il a terminé son ouvrage en février 2003, et a eu une crise cardiaque le lendemain de l'envoi du manuscrit à son éditeur. Avec sa veuve Melba, nous avons fait notre possible pour aider à l'édition de l'ouvrage de John, ce qui m'a valu un "3 pigs award", que Melba a confectionné avec 3 petites gommes que John dédiait à ses meilleurs étudiants.

Le jour où j'ai démissionné de EADS ...


J'ai conduit des recherches contractuelles avec une équipe à Matra Marconi Space, dirigée par JG. Ferrante, pendant presque 15 ans. J'ai été embauché en tant que concours scientifique en 2004, à temps partiel, non sans mal vis à vis de ma direction, qui a appliqué le prix fort et coupé les primes. Mais j'ai pu voir les avions de près, voire de très près en rentrant dans la case à équipements d'un A340 ou d'un A320. Les lundis j'étais EADS, le reste de la semaine à INSA, une expérience intéressante mais nécessitant de couper le cerveau en deux parties distinctes. Un peu avant de discuter d'un renouvellement du contrat, mon chef est "démissionné" et remplacé par un inconnu, ce qui me pousse à clore la coopération. Je me présente en mars 2006 dans les locaux d'EADS à Suresnes, et me retrouve dans la magnifique entrée en verre, stoppé net un pistolet armé sur la tempe, accompagné d'un "tu bouges pas", suivi de l'évacuation d'un certain Mr Lahoud (le fameux chef inconnu) menottes aux poings, suivi par un "merci messieurs dames, bonne journée". Je ne suis pas allé aux DRH ce jour là, j'ai juste repris le chemin de l'aéroport pour revenir à la maison. EADS-CCR a été restructuré quelques temps après, et le site de Suresnes devait lui-même faire les frais de la restructuration d'Airbus annoncée en 2016.

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Update May 2017